+

+

Plutôt donner de la vitesse à l’image, aux images, aux images de cinéma, à d’autres vies que la mienne.

+

Sartre fait de l’art une « cérémonie du don », le monde se donne dans sa totalité par l’art, mais par l’effet d’une subjectivité singulière :

« …Chaque tableau, chaque livre est une récupération de la totalité de l’être ; chacun d’eux présente cette totalité à la liberté du spectateur.(…) Mais, comme ce que l’auteur crée ne prend de réalité objective qu’aux yeux du spectateur, c’est par la cérémonie du spectacle que cette récupération est consacrée ».

Dans sa note sur La Mélodie des choses, Rilke pointe lui aussi cette parenté de l’art et du continu. L’art tend toujours vers le fond commun, la basse continue des choses où se mêlent le bruit du monde et la traversée des communautés aléatoires : souvenirs impersonnels et intériorités retournées.

Images prises dans leur devenir dessin. Balises d’une « haute subjectivité ».

L’art est un métier de pointe.

L’intériorité avance en cherchant ses points de contact avec le monde, avec l’extériorité. L’époque n’en finit plus de laïciser ses théologèmes et de faire rissoler la vieille querelle des images sur de douteux réchauds, alors que l’image ne parle que du monde.

Et si le dessin est autre chose qu’une bonne synchronisation sensori-motrice, il se définit peut-être en tant qu’espace discontinu et comme matrice abstraite. Il ne connaît pas la catastrophe de la naissance, il n’advient pas, ne surgit pas. Il se poursuit seulement.

Corpus Mundi : l’entreprise inouïe du type de la plante, envahissant l’espace, improvisant un rêve de ramure.

« Des particules de notre moi passé ou futur errent dans la nature où des lois universelles très précises travaillent à les rassembler. Et il est juste que nous cherchions des répliques, des répliques actives, nerveuses, fluides même, dans tous ces éléments désagrégés ». A.Artaud.

+

+

+

+

Camille Etienne. Avril 2009  (Texte d’exposition / Marijo Foehrle )

+

+

+

+

+

+

+

+

+

+